Boissons sans alcool : la sobriété devient tendance en France   

  • Jan. 21, 2026

L’avait-on vu venir ? L’essor des boissons sans alcool en France va de pair avec une diminution de la consommation. Mais pas de la créativité. Dans le commerce et les restaurants, des mixologues rivalisent d’inventivité pour nous faire succomber.  Santé ! 

L’alcool vacille sur son trône français. Dans les verres des jeunes adultes – jadis chantres du « pas d’apéro sans alcool » – le no/low (no alcohol ou low alcohol) fait désormais plus de mousse qu’un demi-pression le vendredi soir. 

 

La moitié des 18-34 ans consomment déjà régulièrement ces boissons nouvelles, oscillant entre bières sans alcool (110 millions de litres écoulés en 2024) et mocktails sophistiqués qui pèsent désormais 13,1 millions d’euros. Une révolution liquide, mais pas sans saveur. 

Sobriété sélective : l’âge de la mesure  

La bascule est nette : près de 30 % des 18-34 ans ont réduit leur consommation d’alcool. Pas par puritanisme ni par ennui, mais par un désir tenace d’être bien dans sa peau. Sur Instagram, les #DryJanuary, #SoberCurious ou #MindfulDrinking ont fait le travail : repenser l’apéro, questionner les automatismes, sortir de la glamourisation du verre à la main. 


Et quand les sciences se mêlent de morale, l’effet est encore plus saisissant : en 2023, l’OMS alertait que la moitié des cancers attribuables à l’alcool en Europe étaient causés par des consommations « minimes ». En France, l’alcool provoque 49 000 morts par an. De quoi donner envie de troquer le Spritz pour un kombucha pétillant. 
Le Dry January, lui, n’en finit plus de recruter : 4,5 millions de participants en 2024. Et neuf mois plus tard, 58 % avaient maintenu leur baisse d’alcool. Comme un nouveau rite national, à mi-chemin entre défi collectif et introspection sanitaire. 
 

Les spiritueux zéro : la créativité enivrante sans éthanol

L’industrie, flairant le virage, fait feu de tout bois aromatique. Après les vins désalcoolisés, les spiritueux sans alcool rivalisent de génie – botaniques rares, distillations savantes, amertumes ciselées –. Cette conquête du « sans » déborde désormais jusque dans les restaurants gastronomiques. Loin des accords mets-vins traditionnels, les sommeliers deviennent les nouveaux architectes du sans alcool. Extraction, fermentation, infusion, maturation : la sommellerie créative se rêve en nouveau territoire d’avant-garde pour répondre à toutes les soifs.   

Kombucha et kéfir : de la confidentialité à la grande distribution   

Il fut un temps où le kombucha et le kéfir, deux boissons fermentées, n’intéressaient que les végétariens et les magasins bios. Aujourd’hui, elles s’invitent aussi bien chez Gwyneth Paltrow que dans 40 % des supermarchés français. Une tendance qui touche également la restauration collective.

 Nous avons de plus en plus de demande autour de boissons moins conventionnelles, pour sortir du duo eau-soda. Il y a donc une vraie attente de boissons moins sucrées, aux goûts originaux dotées d’un emballage responsable et fabriquées en France. C’est un marché en pleine expansion.
Marine Ruols-BoudouCheffe de marques Sogeres

L’entreprise l’a si bien compris que lors de ses collaborations culinaires avec des chefs, il leur est demandé de créer des boissons sans alcool pour accompagner les mets. Et les convives applaudissent. Même le youtubeur Squeezie s’y est mis : sa marque Ciao Kombucha a déboulé en mai, version « j’arrête les sodas mais je garde les bulles ». Quand la boisson fermentée devient pop culture, c’est que la révolution est consommée.

Chiffre clé

+ 160 %

C’est la progression du marché des boissons fermentées (kombucha et kéfir) en France en un an. Source : Nielsen, 2025