Travail en détention : un pas vers la réinsertion

Alors que la France compte près de 600 ateliers pénitentiaires, l’emploi en prison reste un enjeu central de la réinsertion des détenus. Entre impératif social et logique économique, l’État poursuit sa politique de délégation au secteur privé.
Depuis la fin des années 1980, l’État confie à des entreprises la gestion de nombreux services dans les établissements pénitentiaires. Restauration, entretien, maintenance, visites des familles, mais aussi ateliers de production : une large part de la vie carcérale dépend désormais d’acteurs privés.
En 2025, on recensait environ 600 ateliers pénitentiaires répartis sur l’ensemble du territoire. Ces structures permettent à certains détenus d’exercer une activité rémunérée, souvent sous la houlette d’entreprises partenaires. Rappelons que selon L’Observatoire international des prisons (OIP), le travail en prison relève d’un droit*.
Lors de son « tour de France du travail en détention », entamé en 2023, le ministre de la justice de l’époque, Éric Dupond-Moretti, avait affiché une ambition claire : atteindre 50 % de détenus au travail d’ici 2027. Un objectif ambitieux, alors qu’à cette date, seuls 29 % des personnes incarcérées exerçaient une activité rémunérée, contre près de 50 % au début des années 2000.
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Une gestion partagée entre public et privé
Les prisons françaises fonctionnent selon deux modes de gestion : publique ou déléguée. Dans les établissements à gestion déléguée, des entreprises sont titulaires de marchés pluriannuels.
Elles assurent non seulement la restauration, l’entretien ou la maintenance, mais aussi l’encadrement du travail pénitentiaire. Parmi elles, Sodexo Justice Services gère les services généraux de plusieurs établissements pénitentiaires.
L’objectif est de rendre les détenus employables à l’extérieur, une fois leur peine effectuée. Les activités sont très variées – couture, conditionnement, menuiserie, recyclage, fabrication de palettes ou encore démantèlement de machines. Les entreprises extérieures nous confient leurs cahiers des charges, et nous fonctionnons comme une société de sous-traitance, avec des responsables d’atelier et des contremaîtres.
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De son côté, Sodexo a choisi d’investir dans le parc machines d’un atelier de couture à Argentan (Orne) pour répondre à des demandes de production « made in France ». Aujourd’hui plus de 350 entreprises font confiance au travail pénitentiaire dans de nombreux secteurs d’activités.
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