Déjeuner seul, la nouvelle liberté de la Gen Z ?
Longtemps, manger seul en public relevait presque de la faute sociale. On commandait vite, on évitait les regards, on sortait son téléphone pour faire diversion. Aujourd’hui, la scène est devenue banale. Particulièrement du côté de la génération Z qui revendique le repas en solitaire comme un moment choisi. Explications.
Le phénomène n’a rien d’anecdotique. Selon une étude du spécialiste de la restauration Lightspeed publiée en 2025, 40 % des Français déclarent déjeuner seuls de temps à autre. OpenTable, plateforme mondiale de réservation de restaurants, indique de son côté que 60 % de ses utilisateurs ont réservé une table pour une personne en 2024, soit une hausse de 29 % en deux ans. Chez les millennials et la génération Z, ce chiffre grimpe à 68 %. Le repas solitaire n’est plus perçu comme le signe d’un isolement subi mais comme une expérience recherchée. Sur TikTok, les vidéos de jeunes adultes qui s’offrent un restaurant en solo cumulent les millions de vues.
La pause déjeuner, terrain de fracture générationnelle
Cette évolution se retrouve jusque dans les entreprises. Selon une enquête menée par Openeat et Flashs, 29 % des moins de 25 ans préfèrent déjeuner seuls pendant leur pause de midi, contre seulement 12 % des salariés de plus de 49 ans. Les 25-34 ans sont également nombreux à privilégier ce temps en solitaire (22 %). Le constat irrite parfois les générations plus âgées. Pour beaucoup de managers, le déjeuner reste un moment essentiel de socialisation professionnelle. L’étude révèle ainsi que 82 % des Français considèrent la pause déjeuner comme un levier de renforcement des relations au travail. Mais, dans le même temps, sept salariés sur dix estiment que cette parenthèse sert avant tout à se ressourcer. Deux visions du déjeuner semblent alors s’opposer. D’un côté, un temps collectif, propice au réseau informel et à la cohésion d’équipe. De l’autre, un moment de récupération individuelle, protégé des interactions professionnelles.
