Établissements Compas : un partenariat avec les ateliers pénitentiaires de Sodexo Justice au service du recyclage textile

  • Jun. 02, 2026

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Fondés à Reims il y a plus de 70 ans, les Établissements Compas figure parmi les acteurs de référence du marché français de la distribution de chiffons d'essuyage industriels, une filière entièrement ancrée dans le recyclage textile, de la collecte auprès des loueurs de linge jusqu'à la livraison via des réseaux de revendeurs professionnels nationaux. Dirigeant de cette entreprise familiale, Olivier Compas a décidé de confier une partie de sa production de découpe aux ateliers pénitentiaires gérés par Sodexo Justice à Laon. Un partenariat né d'une conviction partagée, celle que le travail est un levier de réinsertion et qui prouve, semaine après semaine, sa valeur industrielle autant qu'humaine.

Pourquoi avoir choisi de collaborer avec les ateliers pénitentiaires Sodexo Justice ? 

Olivier Compas : Nous avons rencontré Sodexo Justice sur un salon professionnel, à un moment où nous cherchions justement à développer des prestations extérieures qui aient du sens dans notre démarche RSE. Notre entreprise est déjà engagée sur des enjeux comme le recyclage, l’économie de la ressource et l’emploi local. Nous avions d’ailleurs auparavant travaillé avec un atelier d’insertion à Reims. Lorsque cette activité s’est arrêtée, nous avons cherché une solution qui puisse à la fois répondre à un besoin de production et conserver cette dimension sociale. Nous avons visité les ateliers pénitentiaires, rencontré les responsables, compris le dispositif. On a trouvé que c'était une bonne idée de lancer un test grandeur nature. La rencontre avec Sodexo Justice est donc arrivée au bon moment.

Quelles parties de votre production sont confiées à ces ateliers ?

O.C : Aujourd’hui, nous confions aux ateliers pénitentiaires une partie ciblée de notre production, volontairement simple et très cadrée. Il s’agit de la découpe de draps blancs issus de blanchisserie, selon un cahier des charges précis. Nous avons choisi de démarrer avec une activité mono-produit, mono-matière, afin de sécuriser le lancement et de donner aux équipes un périmètre clair. Nous avons mis à disposition les machines nécessaires et pris le temps de former les responsables d’atelier à nos méthodes de tri et de coupe. Les responsables d'atelier sont venus chez nous à Reims pour être formés à notre technique de coupe, comprendre nos critères de qualité, le tri de la matière. Cette spécialisation permet de traiter des volumes réguliers et homogènes dans de bonnes conditions. 

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Quels besoins industriels cela vous permet-il de couvrir ? 

O.C : Cette collaboration nous apporte avant tout une capacité de production complémentaire. Les textiles sont découpés dans l’atelier pénitentiaire puis reviennent sur notre site de Reims pour être conditionnés dans leur emballage final. Cela fluidifie notre organisation industrielle et nous permet de mieux absorber les volumes que nous recevons. Concrètement, cette sous-traitance nous aide à produire plus vite et à livrer nos clients plus rapidement. Dans un contexte où les flux de linge à traiter restent soutenus, ce renfort est précieux.

 

Comment évaluez-vous la qualité du travail fourni et la fiabilité des ateliers ?

 

O.C : À ce stade, notre retour est très positif. La qualité du travail est impeccable et nous sommes très satisfaits de la prestation réalisée. Bien sûr, nous avons commencé par une activité qui n’est pas la plus complexe, mais cela nous a permis de constater le sérieux du dispositif. Les responsables d’atelier ont bien compris nos attentes, les consignes sont bien suivies et les volumes confiés sont correctement traités. C’est un fonctionnement fiable, avec un bon niveau d’encadrement et de suivi.

 

En quoi ce partenariat s’inscrit-il dans votre stratégie RSE / Made in France ?

 

O.C : Ce partenariat s’inscrit très naturellement dans notre vision de l’entreprise. Notre ADN repose depuis l’origine sur le recyclage textile et la valorisation de la ressource. Mais nous portons aussi une conviction forte : l’activité économique doit avoir une utilité sociale. Nous travaillons déjà avec des dispositifs d’insertion, notamment avec la mission locale de Reims pour intégrer des jeunes dans nos équipes. Confier des heures de travail à un atelier pénitentiaire, dans une logique de réinsertion, va dans le même sens. Si cette activité permet à des personnes de reprendre confiance, de retrouver un cadre, une utilité et une perspective de retour à l’emploi, alors elle a une vraie valeur. Et le fait que cela s’inscrive dans une production locale, réalisée en France, renforce encore la cohérence de la démarche.

 

Quels bénéfices concrets observez-vous aujourd’hui ?

 

O.C : Les bénéfices sont à la fois industriels et humains. Sur le plan opérationnel, nous gagnons en capacité et en fluidité. Mais il y a aussi un effet très concret en interne : les salariés de l’entreprise connaissent ce partenariat, voient les volumes traités, constatent la qualité du travail réalisé et comprennent le sens de cette collaboration. Cela suscite chez eux une certaine fierté. Ils perçoivent que leur entreprise ne cherche pas seulement une solution de production, mais qu’elle mène aussi une action utile. Cet aspect est important, car il rend la démarche tangible pour tout le monde.  

 

Comment envisagez-vous la suite de cette collaboration ?

 

O.C : Nous réfléchissons à la possibilité d’aller plus loin. L’idée serait de voir quels volumes supplémentaires nous pourrions confier, ou quelles autres opérations resteraient suffisamment simples et pertinentes à externaliser dans ce cadre. Rien n’est encore arrêté, car nous devons trouver le bon équilibre avec le fonctionnement de notre propre atelier. Mais le sujet est clairement sur la table : nous collectons beaucoup de linge, nous avons besoin de produire plus vite et une montée en puissance de cette collaboration pourrait répondre à une partie de ce besoin.

 

Que diriez-vous à une entreprise qui hésite à faire appel à ce type de dispositif ?

 

O.C : Je lui dirais d’abord d’évaluer concrètement si elle a un besoin compatible avec ce type d’organisation. Il faut définir un périmètre de travail clair, réaliste, pas inutilement complexe. Ensuite, je lui conseillerais d’aller voir sur place, de rencontrer les responsables d’atelier et de comprendre comment cela fonctionne réellement. C’est souvent la meilleure façon de lever les idées reçues. De notre côté, nous avons constaté que les personnes encadrant ces ateliers sont de véritables professionnels et que les conditions de travail sont organisées avec sérieux. Pour des opérations de tri, de découpe, de conditionnement ou de manutention, ce type de dispositif peut être tout à fait pertinent.