« Sans oignons, extra protéinée et un lait d’avoine » : comment la restauration d'entreprise se personnalise 

Finie l’époque où l’on commandait « le plat du jour » sans poser de question. Désormais, en restauration commerciale et collective, chacun peut composer son assiette selon son envie du moment... Bienvenue dans l’ère des plats personnalisés ! 

La tendance n’est plus simplement de manger vite ou sainement. Il faut manger « comme on est ». Végétarien le lundi, hyperprotéiné le mercredi, sans lactose avant le sport, comfort food le dimanche soir : l’alimentation hors foyer épouse désormais les envies des convives au plus près de leur mode de vie, de leurs convictions et même de leur humeur du moment.

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Penser son plat 

En restauration commerciale comme dans les restaurants d’entreprise, la personnalisation est devenue un argument massue. Burgers modulables, bowls sur-mesure, sushis à composer, smoothies customisés : le consommateur ne veut plus d’un plat pensé pour lui, il veut penser son plat lui-même. « Les consommateurs recherchent la commodité, la personnalité et la flexibilité », résument les professionnels du secteur. Le phénomène n’a rien d’anecdotique. Certaines enseignes ont bâti tout leur modèle économique sur cette promesse de liberté alimentaire. Chez Five Guys, les burgers se personnalisent à l’infini. Chez Starbucks, le café est depuis longtemps un terrain d’expérimentation liquide : lait d’avoine, mousse froide, sirop caramel, supplément protéines… Au point que commander un latte ressemble parfois à rédiger un brief marketing. Et ça marche : l’enseigne a ouvert 260 magasins en 20 ans, 10 nouveaux sont attendus cette année. 

Et faire du sur-mesure

Même la restauration collective s’y met. Antoine Montalieu, product manager chez Sodexo, observe une montée en puissance du sur-mesure.

“La personnalisation peut se limiter aux entrées ou aux desserts bars. Mais aujourd’hui, nous proposons de composer entièrement sa salade avec l’offre Natural.”

 

Ces bols, à la fois sains et gourmands, reposent sur une base de céréales variées (quinoa, sarrasin, orge…), des protéines animales ou végétales dont beaucoup de légumineuses, des légumes cuisinés (chou-fleur snacké au paprika, fenouil rôti à l’huile de sésame…), plusieurs sauces et de nombreux toppings : le client assemble son déjeuner pièce par pièce, en fonction de ses envies. « Nous proposons aussi des soupes et des smoothies sur-mesure, le convive choisissant lui-même les ingrédients », souligne Antoine Montalieu. Des propositions qui répondent aussi aux régimes alimentaires de chacun : sans lactose, flexitariens, végétariens, etc. 

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Le sur-mesure crée de l’engagement, donne une impression de contrôle au client. “On choisit ce que l’on veut et on paie en fonction”, résume Antoine Montalieu. Mais cette personnalisation raconte surtout une époque. Une société où tout doit pouvoir s’adapter à nos goûts, nos valeurs, nos contraintes et nos humeurs du jour : désormais, le consommateur veut être co-auteur de son assiette ! Au fond, la tendance food de 2026 n’est peut-être pas le végétal, la protéine ou les superaliments. Mais cette conviction très contemporaine qu’un plat ne suffit plus à nourrir : il doit aussi raconter qui nous sommes.