L’Orient dans l’assiette 

  • Food
  • Jun. 22, 2026

  • 3 min

Il y a des odeurs qui traversent les générations. Celle du cumin qui chauffe dans l’huile. Du citron confit qui s’écrase dans un tajine brûlant. D’une viande qui grille à la broche derrière la vitrine embuée d’un kebab de quartier. Depuis longtemps, la cuisine orientale, à la fois savoureuse et nutritive, fait partie de nos habitudes alimentaires.

Commençons par le plus évident. Monument national officieux, plat familial et populaire, le couscous se classe régulièrement dans le top 5 des plats préférés des Français. Au point que les savoir-faire liés à sa préparation ont été inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Mais réduire la cuisine orientale au seul couscous serait comme résumer la gastronomie française à la baguette. Derrière l’expression se cache un territoire culinaire immense, qui s’étend du Maghreb au Levant (Liban, Syrie, Jordanie, Palestine) avec des influences turques et méditerranéennes. Une mosaïque de recettes, d’épices et de traditions où les tables débordent autant que les conversations.

Car cette cuisine raconte quelque chose de plus vaste qu’une addition de plats. Elle parle de transmission, de partage et de métissage. Dans les assiettes françaises, elle s’est imposée par capillarité : les cantines, les snacks, les restaurants de quartier, les grandes tablées familiales. Le kebab en est sans doute le symbole le plus spectaculaire. Arrivé massivement dans les années 1990, il est devenu un pilier de la restauration rapide hexagonale. Aujourd’hui, le marché écoule entre 300 et 360 millions de kebabs par an en France, soit près d’un million chaque jour*. Une performance industrielle pour un sandwich longtemps méprisé par les gastronomes.  

Légumineuses en majesté

Pourtant, la cuisine orientale ne s’aurait se résumer à la street-food. Elle repose d’abord sur un équilibre ancien : céréales, légumineuses, légumes, herbes et épices. Semoule, pois chiches, fèves, blé, riz, aubergines, poivrons, tomates, coriandre, cannelle, paprika ou ras-el-hanout composent un socle culinaire où la viande n’est souvent qu’un élément parmi d’autres.

 

 « C’est une cuisine très végétale », expliquent Maëlle Domergue, responsable nutrition, et Éric Tomasso, conseiller culinaire chez Sodexo.

 

« Dans le couscous, par exemple, on a une bonne complémentarité en protéines grâce à l’association pois chiche-semoule. On y retrouve tous les acides aminés essentiels. Et c’est plus simple de faire manger des légumineuses via des plats du monde », note Maëlle Domergue. 

 

Le succès actuel de la cuisine levantine doit beaucoup à cette modernité nutritionnelle. Ainsi le houmous apparaît presque comme un aliment manifeste cochant à la fois les cases santé et gourmandise. 

 

« Dans nos offres, il est décliné avec des lentilles corail, des pois cassés ou même enrichi en légumes », souligne Éric Tomasso. 


Même logique pour les mezzés qui se présentent sous la forme d’une multitude de petits plats servis ensemble : taboulé, houmous, halloumi, légumes marinés, kebbé ou grillades. Une façon de manger qui correspond parfaitement aux nouvelles habitudes de consommation, plus fragmentées, plus conviviales aussi. Un format qui sera d’ailleurs proposé par Sodexo dans les mois à venir au travers d’une capsule dédiée à la cuisine levantine.

 

Au fond, la force de la cuisine orientale tient peut-être là : sa capacité à absorber les modes sans se dissoudre. À rester profondément populaire tout en devenant tendance. Une cuisine de quartier devenue patrimoine. Une cuisine de partage parfaitement adaptée à l’époque des petits plats à picorer. Une cuisine ancienne qui parle très bien le langage du présent. 

* Source : L’Express Franchise